© 2023 PM. Proudly created with Wix.com 

Mamadou Keita : "rendez à César ce qui est à César"

11/05/2016

|

 

 

Mamadou Keita nous a accordé une grande interview sur son ancien métier de marchand d'art rituel qu'il a commencé dans les années 70. Aussi passionné qu'érudit, fin connaisseur des rouages internes, il nous livre sa vision de ce monde qui oscille entre la mise en valeur de la beauté des œuvres et le refus d'accepter l'africanité de leurs origines. On retrouvera, pêle-mêle, son analyse de l'authenticité et de l'uniformisation des goûts, de "l'affaire" Sindika Dokolo, de l'absence d'impact du marché de l'art sur le développement de l'Afrique...

 

Votre carrière
 

Q1 : Pouvez-vous vous présenter ? Quel est votre parcours depuis l'Afrique?  D'où est venue votre passion ?

 

Mamadou Keita, originaire de la République du Mali, génération Baby Boom. Ma passion pour les arts premiers vient du fait que nous avons,  mes frères cadets et moi-même, eu  le privilège d'avoir eu un papa, Niamé Keita (1920-1989) qui, dans le début des années 1950, après sa démobilisation de tirailleur Sénégalais, a choisi le métier de ''colporteur'' et de marchand de ''fétiches'', comme on les appelait en ces temps-là. Il fut, comme tant d'autres,  l'un des premiers africains à amener des objets "exotiques" en Europe. Jeunes, nous devions les mettre dans des caisses pour les envoyer en Europe. J'ai donc, sans le savoir, développé un amour et une passion pour les arts du Mali et de la sous-région. Je n'ai jamais été marchand en Afrique. Nous devrions mes sœurs, frères cadets et moi-même, faire nos études ce qui m’amènera à Dakar et  à Paris.

 

 

 

Q2 :  Quand et comment avez-vous créé votre galerie ?

 

Arrivé en France comme étudiant, j’accompagnai mon papa pendant les vacances scolaires en voyage dans presque tous les pays européens. Au cours de ces voyages, j'ai eu le privilège de faire la connaissance des grands collectionneurs comme Josef Mueller à Solothurn (Soleure) en Suisse, Elsy Leuzinger, Max Kofler, Hans Röthlingshöfer, Eduard Tschopp, Hans Hess et bien d'autres éminents collectionneurs comme George Ortiz auxquels

le monde du commerce des arts d’Afrique se réfère aujourd'hui. Quelques-uns sont devenus mes clients  avant leur disparition. J'ai dû quitter la France en 1975 étant un "objecteur de conscience" et venir vivre a Amsterdam depuis, ne voulant plus retourner sur les bancs de l'université. Mon papa vint à Amsterdam pour m'introduire auprès de ses anciennes relations. Ainsi commença mon aventure dans le commerce des arts d'Afrique et plus tard  d’Indonésie, d’Océanie et des Amériques.

 

 

Q3  : Parmi les objets que vous avez collectionnés,  quels sont vos préférés ?

 

L'objet que je préfère le plus est  l’appuie-tête Yaka, publié dans le livre Negerkunst  und Negerkünstler du Dr Hans Himmelheber (1960, p.331). Il a fait aussi la couverture de la revue Arts d'Afrique Noire, numéro 49 (Printemps 1984). Il y en a beaucoup d'autres...

 

 

Q4 : Quel bilan faites-vous de cette époque ?

 

Belle époque. La passion pour acquérir les objets était vivante. On achetait par passion, par amour des arts premiers, pas pour spéculer comme on le fait depuis une  vingtaine d’années. Les anciens vrais collectionneurs, ayant de l'attachement et de l'amour pour l'Afrique et les Africains, ne sont plus. La plupart des nouveaux collectionneurs ne font que de la spéculation financière sur les provenances et les pedigrees.

 

L'art et l'authenticité
 

Q5  : Quelle analyse faites-vous de l'authenticité ? Avez-vous des astuces pour déterminer l'authenticité d'un objet ? Parlez-vous d’ancienneté en parlant d’authenticité?

 

Des objets de culte, sculptés aujourd'hui par les Dogon ou les Bamanan, sont authentiques pour être utilisés dans le culte. Ils ne sont certes pas anciens, mais authentiques et non pas faux comme on aime à le dire assez souvent. Il est très difficile de faire la différence entre une sculpture destinée a des fins  mercantiles et d'autres destinées au culte.

J'ai, au cours des années, appris à faire la différence grâce à de nombreuses visites de musées (ainsi que dans leurs  réserves), mais aussi à l'aide d'achats d'anciens livres sur l’Afrique noire coloniale et post-coloniale. Je ne suis pas un expert loin de là !

Alors qu'est-ce qui est authentique? Ce qui est catalogué dans les publications depuis Carl Einstein, Leo Frobenius ainsi que d'autres livres de la période coloniale jusqu'aux publications récentes ? Ou bien seulement quand les pièces sont vendues par des marchands européens ou nord américains ? Car depuis une trentaine d’années, tout objet venant d'un marchand africain est le plus souvent catalogué comme douteux et faux...

 

 


 

Q6 : Les catalogues et les ouvrages ne génèrent-ils pas une uniformisation des œuvres (et un conformisme des goûts) conduisant à déclarer faux des objets que l'on ne connaît pas encore (ou qui ont un style atypique) ? Avez-vous des exemples ?

 

En effet, l’apparition des publications et des catalogues a contribué à former les goûts, il n'y a plus d'aventure et de prise de risque à l'achat par les nouveaux collectionneurs. Ils sont en quelque sorte programmés à n'acheter que ce qui est similaire aux objets publiés. Dommage.

Les vrais bons objets sont déclarés faux par les soit-disant experts. Un exemple parlant : il y a quelques années les fouilles du Delta du Niger, les Dagari, les Namji, les Sukuma et toutes les tribus tanzaniennes avait été cataloguées d'invention par certains marchands de renom, je ne les citerai pas ici. Mon père a dû, au début des années 1980, montrer une photo de lui en personne avec un vieux Makonde avec ses scarifications pour qu'un éminent expert parisien auprès des tribunaux puisse croire que les masques Makonde qu'il lui avait présentés étaient authentiques... Selon cet "éminent expert" il s'agissait de scarifications fantaisistes de masques par les marchands Africains.

Voici un signe, à mon sens, d'un profond mépris de ceux qui prétendent connaitre les arts d'Afrique mieux que les africains et sont même prêts à aller jusqu’à avoir la prétention de dire que l'art africain aurait été appris aux africains par les européens.

 

Q7 : On observe  souvent une différence de patine entre les objets muséaux (souvent une patine sèche) et les objets vendus dans les grandes enchères ou les galeries (patine humide, luisante, etc.) . Qu'en pensez-vous ?

 

La différence de patine entre les objets des musées (état brut sec) et des autres vient notamment du fait qu'ils ne sont jamais cirés. Les objets des collections privées sont souvent traités comme les meubles européens... Je pense que l'on ne peut rien contre ce courant de cirage des objets par les privés et les marchands. J'en ai aussi vendu des objets d'anciens coloniaux bien cirés.


 

Q8 : On entend dire par certains marchands  "qu'il n'y a plus d'objets authentiques en Afrique ". Quelle est votre opinion (existence de collectionneurs en Afrique, objets non encore répertoriés, etc.) ?

 

Je pense que prétendre qu'il n'y a plus d'objets anciens et authentiques n'est pas approprié. Ces détracteurs de l'image des marchands africains et de l'Afrique ne savent pas de quoi ils parlent.

Par exemple, au Mali (mon pays d'origine) les traditions ont résisté a l'islamisation, qui brûlait tout, et au christianisme, qui emportait les deux tiers en Europe "heureusement". Les Dogon, les Bobo , les Minianka et bien d'autres, continuent le culte des anciens. Combien  d’ethnies avons-nous  en Afrique? Le savent-ils, ceux qui déclarent qu'il n'y a plus d'objets anciens sur continent ?

Ils décrètent la fin totale des traditions et de l'usage des objets cultuels et rituels pour créer des provenances coloniales et post-coloniales de marchandises et ainsi  valoriser leurs stocks. 


 

Q9 : Quelle est votre opinion sur les objets coloniaux ? faut-il les valoriser ?

 

 Mon opinion est que pour les objets coloniaux, la majeure partie est depuis bien longtemps valorisée comme  il se doit. Un effort est à souhaiter d'en faire plus. La valorisation des productions artistiques en période coloniale se fait d'elle-même et a déjà commencé depuis la publication par Roosens Eugeen, de l'ouvrage "images africaines de la mère et l'enfant" (Université de Lovanium, Kinshasa en 1967)  ainsi que les expositions dans la galerie des frères Jahn à Munich dans les années 1980. Je possède une dizaine d'objets dits coloniaux, des connus et moins connus. L'initiative de l'ancienne galerie Jahn sera suivie d'autres, je n'en doute pas.

 

L'expertise
 

Q10 : Comment définiriez-vous un expert dans les arts premiers ?
 

Ayant moi même grandi avec les arts d’Afrique grâce à mon papa feu Niamé Keita pionnier avec beaucoup d'autres, qui ne sont plus parmi nous. Je leur rends un vibrant  et respectueux hommage, plein de reconnaissance pour leur esprit de précurseur et de conservateur de l’héritage tribal des arts du continent noir. Madame Hélène Leloup est l'une des rares marchandes à les honorer dans ses ouvrages : qu'elle en soit remerciée ici. Madame Renée Boser-Sarivaxevanis du Musée de Bâle dans les années 1970 aussi .

Je pense que le titre ''Expert'' sur les Arts d'Afrique est valable dans les pays du Sud auprès des tribunaux et des douanes. Mais aucun des experts ne l'est en fait pour se proclamer expert sur les cultures de tout un  continent. En tout cas, je ne le suis pas... 

Étant d'origine noire africaine, aucun autre Africain noir n'est expert pas à ma connaissance. J'ai fait face à un refus de certains marchands des Pays Bas et de France de faire partie d'une commission pour faire de moi un expert. Raison : un Africain n'a aucune connaissance de sa propre culture, de ses "arts". En clair, il en vend mais n'en sait rien...

 

Q11 : Le passage par l'Afrique est-il indispensable pour être expert ? Pourquoi ?

 

Le passage en Afrique sur le terrain pendant un certain nombre d’années parmi les groupes ethniques est indispensable. Un expert doit savoir quel bois utilise telle ou telle ethnie. Par exemple les bois qu'utilisent les Dogon, les Bamanan ,les Lobi, les Luba ,les Tchokwe et autre ethnies ne sont pas les mêmes. C'est essentiel pour un expert de le savoir, beaucoup plus que la patine ou le pedigree.

 


Q12 : Pensez-vous que l'on puisse évaluer l'authenticité d'un objet sur Internet (Facebook, etc.) ?

 

 Évaluer l’ancienneté ou l’authenticité sur photo est possible avec une marge d'erreur : Photoshop aidant à la justesse, c'est toujours difficile.

 

Q13 : Qui est le mieux placé pour évaluer  l'authenticité d'un objet (marchands / universitaires/ collectionneurs) ?

 

L’évaluation de l’ancienneté d'un objet doit relever de l’expérience des marchands, de l’œil et de la passion des collectionneurs en premier lieu. Un universitaire peut prétendre le faire s'il est resté quelques années avec un groupe ethnique : il peut à ce moment en déterminer l’authenticité. Pas par des voyages sporadiques pour un PhD comme bon nombre d'experts sur une ethnie donnée.

 

Le marché des arts rituels d'Afrique
 

Q14 :  Comment analysez-vous les évolutions du marché (montée en puissance des grandes enchères...) ?

 

C'est une bonne chose pour la valorisation des chefs d’œuvre. Par contre, l'effet est  déplorable pour les objets non catalogués et inconnus. À mon avis, c'est avec les ventes du cabinet de Maître Guy Loudmer à Drouot, fin des années 1970-1980 que l'on vu l’apparition des provenances et pedigrees. Cela pris de l'ampleur comme nous constatons aujourd'hui.

 

Q15 : Quel est votre avis sur les événements (Parcours de mondes , BRUNEAF, etc.) ?

 

Tout événement servant à valoriser les arts premiers est souhaitable. Il serait aussi à espérer que l'on les fasse sans dédain et mépris pour les Africains qui s'y rendent.
 

Q16 : Quelle place accorde-t-on aux marchands africains ? qu'est-ce qui doit changer ? Et comment ?

 

Plus haut, je parlais tantôt de l'attitude des marchands du Nord vis à vis des marchands africains sans la culture, pour lesquels ils seraient des anonymes comme des millions de leur compatriotes. Rendez à César ce qui est a César. Dans les années 1970, à mes débuts, la majeure  partie des marchands et des collectionneurs appelaient les marchands africains: "runners", "Rabatteurs", "un Africain m'a vendu ça", il venait de tel ou tel pays.

C'est seulement dans les années 1980 que l'on commença a mettre un nom sur leur visage : Isaka Zango, Amadou Gadjigo, Saranmory Diabate, Sulaiman Diane, Papa diop, Mortala Diop, Sekou Keita,Yousouf Dioum, Demba Sow, Modou Sow, Mohamed Diaby ,Mpe Coulibaly ,Otis Diallo, Ousmane Keita,Amadou Thiam, Mamadou Baba Keita,Youssouf Keita, Kassim Sidibe... Ils sont si nombreux que je ne pourrais tous les citer !
 

 

Q17 : Que pensez-vous de l'attribution  de noms de marchands ou de collectionneurs européens ou américains (maître de Rockefeller, maître de Vérité, maître de Kamer...) à des statues africaines ?

 

Je qualifierai cette "mode" de néocoloniale : je persiste en utilisant cette terminologie. Cela me fait penser à une croisade consistant à nier aux grands sculpteurs africains, aux tribus africaines, leur identité. La négation de la paternité des œuvres africaines est un acte grave, d'autant plus si cette démarche est soutenue par des musées... Il existe d'autres manières d'appeler une œuvre appartenant à un atelier spécifique ou à un sculpteur anonyme (par exemple à travers des attributs stylistique communs à différentes sculptures).  Dès lors pourquoi coller un nom européen ou américain à des chefs d’œuvre ?  En sont-ils les concepteurs, les maîtres d’œuvre ? Certains d'entre eux n'ont pas mis les pieds sur le continent noir ou mieux, serré la main à  un Africain... 

 

De grands Ethnologues et marchands du passé ont toujours rendu à César ce qui est à César : Marcel Griaule, William Fagg, Michel Leiris, Denise Paulme ,Jacqueline Delange, Elzy Leuzinger, Helene Leloup,Suzanne Vogel, Roy Sieber, Raoul Lehuard, hommage lui soit rendu ici, un grand Monsieur qui a rendu aux arts du Congo Brazaville la place de choix qu'ils ont aujourd'hui.

D'autre part, beaucoup d'ethnologues, sociologues ainsi que de très grands et respectables marchands  contemporains, comme Marc Léo Felix et bien d'autres, n'ont jamais usé de cette manière d'attribuer une identité en enlevant à l'Afrique et à ses maîtres sculpteurs toute paternité de leur création. C'est purement un acte de mépris et un de manque de décence. Il est à espérer que cela ne puisse devenir un "Nouvel Étiquetage" des arts d'Afrique noire. À ma connaissance ce "trend" n'est pas et ne sera jamais utilisé pour les arts océaniens, asiatiques ou amérindiens.

Le pillage de l'Afrique et le retour des œuvres d'arts ?

 

Q18 : Quelle est votre position sur "l'affaire"  Sindika Dokolo et le retour des masques Chokwe au Musée do Dundo en Angola ?

L'action de Monsieur Sindika Dokolo est louable. Récupérer les pièces répertoriées et/ou cataloguées du Museo do Dundo : action que devraient entreprendre tous les musées africains dont les collections cataloguées ont été volées et dispersées.
Quand on est nanti, comme Monsieur Sindika Dokolo, on peut se médiatiser, menacer de procès les parfois innocents collectionneurs : le fait-il avec la bonne manière et sans pression ou menace de poursuite judiciaire?

Il y a une urgence pour Sindika Dokolo : préserver et bien conserver les collections des musées de l'Angola du Cabinda et du Congo d'où il est originaire. J'ai entendu des histoires sur l'état piteux, misérable, lamentable dans lequel se trouvaient les objets dans les musées de Luanda et de Cabinda, dans les salles et dans les réserves : cassés, rongés par les termites, entassés comme des fagots les uns sur les autres dans les années 1980-1990. L'un des directeurs d’antan disait n'avoir pas eu son salaire depuis 6 mois et ne disposer d'aucun budget pour bien s'occuper des collections de son musée. Cela serait salutaire si Monsieur Dokolo l'ajoutait a son agenda : la réhabilitation des collections des musées angolais et congolais...  
 

Q19 : Plus généralement comment analysez-vous le rôle des marchands dans la conservation des œuvres d'art et/ou le trafic  ? Quelles sont les bonnes pratiques dans le métier et celles qui ne sont pas acceptables ?

Les marchands, tout en s'enrichissant, participent à la conservation du patrimoine cultuel d’Afrique. Il y a de cela quelques semaines, j'ai suivi Life sur à la télévision malienne, l’incinération sous les prêches d'un marabout zélé et "illuminé" dans la ville de Kita, de centaines de Boli sur une place publique. Cela m'a extrêmement bouleversé : j'en ai eu les larmes aux yeux. Triste. Grâce au commerce de ces sculptures, à ces livres édités, les futures générations africaines apprendrons sur leur culture.


 

Q20 : On constate que des objets se vendent des millions de dollars ou d'euros sur des marchés occidentaux lors des grandes ventes ou dans les événements d'art tribal,  sans que cela impacte sur le développement de pays souvent très pauvres. Que pourrait-on mettre en place pour qu'il y ait un juste contribution au développement des pays d'Afrique ?

 

Je pense pour ma part que ni l'Unesco, ni les pays du sud, ni les pays africains ne font leur travail. Les législateurs devraient exiger une partie des recettes venant de ces ventes publiques pour les ethnies des pays du sud, dont les objets sont vendus dans les grandes salles de vente. Aussi,  devrait-on trouver un moyen de faire payer aux exposants des foires et des grandes expositions, un pourcentage de leurs recettes en forme de dons destinés aux membres des ethnies exposées et vendues. Cela serait bénéfique pour les descendants de ces grands maîtres sculpteurs, qui n'ont jamais vu un penny de leur héritage culturel qui se vend a coup de millions d'euros et de dollars. Un droit. 

 

Demain


Q21 : Continuez-vous d'acheter des objets ? Partez-vous encore en Afrique à la recherche d'objets ?

 

Je n'ai qu'une fois fait des achats d'objets en Afrique au cours d'une visite familiale avec un expatrié européen. Je me suis toujours approvisionné chez mes collègues européens et les collectionneurs privés.

 

 



Q22 : Envisagez-vous d'écrire un livre (mémoires...) sur votre riche parcours ?

 

Oui, au moment venu. J'ai déjà été approché par une dizaine de personnes à ce sujet. J'y pense. Pour conclure, je voudrais saluer et rendre hommage à la mémoire de papa Niamé Keita qui m'a, dès mon jeune âge, ouvert les yeux sur la beauté des arts d'Afrique. Il fut celui qui guida mes premiers pas de marchand en m'amenant avec lui pendant les vacances scolaires en Suisse chez René David et André Held que j'avais rencontrés à Bamako dans mon enfance (12-15 ans).  De même, en Allemagne, les familles Kegel,  Konietzko aussi rencontrées bien avant à Bamako, sans oublier la  Belgique, l'Italie (Franco Monti) le Danemark et la Suède ( C.O. Hultèn ). Mon père m'a aussi enseigné la plupart des mythes du monde des arts premiers.

 

 

 


Je rends aussi un hommage chaleureux à Monsieur Raoul Lehuard pour m'avoir aidé à acquérir le niveau que j'ai pu atteindre et surtout de m'avoir introduit et présenté à Monsieur Charles Ratton et Guy Ladrière, René Rasmussen, Marie Louise Bastin, Pierre Harter et beaucoup d'autres personnalités importantes dans le cercle très fermé, notamment aux africains, du commerce des arts d'Afrique noire en Europe et aux Amériques.

Je voudrais aussi rendre à Marc Leo Félix un grand hommage en mon nom propre et de toute l'Afrique pour le titanesque travail qu'il a fait depuis son entrée dans le commerce des arts d'Afrique : tous les actes qu'il a posés ont donné une reconnaissance et une respectabilité aux arts premiers d'Afrique. Tous les livres qu'il a scientifiquement et passionnément écrits en ont fait la promotion. Ils servent et serviront les générations futures d'Afrique. Qu'il soit remercié pour ce qu'il fait, même aujourd'hui, comme amener les arts africains en Asie... Le rapprochement de deux grands continents par les livres et les expositions : merci Marc Leo Felix.

Enfin, un grand merci à Guy Van Rijn pour le travail herculéen qu'il a fait en créant la première et plus importante base de données d'archives sur les arts d'Afrique, les écrits, les écrivains, les ethnologues, les marchands du monde des Arts Premiers d'Afrique pour l'Université de Yale. Raoul Lehuard, Marc Leo Felix, et Guy van Rijn un grand remerciement au nom de l'Afrique.

 

Légendes des objets :

 

(1) Appuie-tête YAKA. Collecté in situ par le Dr. Hans Himmelheber, 1938-1939. Kegel-Konietzko, Hamburg, Germany. Ex- galerieMamadou Keita, Amsterdam, 1984.
(2) Cimier Tchiwara. Ex-galerie M. Keita. H: 47,50cm L: 50,50cm. Collecté en 1955-1956 dans le village de Konodomini (Région de Segou, Soudan Français aujourd'hui Mali) par Niame Keita. Publié dans: TYWARA, Galerie RATTON-HOURDE, JUIN 2001 # 36. Collection Niame Keita, Bamako jusqu'en 1978. Collection Mamadou Keita, Amsterdam jusqu'en 2000. Vendu à Pierre Dartevelle, juin 2000.
(3) Masque Punu/tsangi. Ex-galerie M. Keita. Gabon. H: 33cm. Ancienne collection privée coloniale. Photo : Hugues Dubois. Collection du Musée Dapper (copyright).
(4) Masque Marka Dafing,  Ex-galerie M. Keita. Haute Volta (aujourd'hui Burkina Faso). H: 66cm. Collecté par Niame Keita dans les années 1958-1960 à Bobo Dioulasso de feu El Hadj Harouna Zonon(1928-2009) Mentor de Thomas G.B. Wheelock.
(5) Statuette Ibedji. H: 28,40cm. Ex-galerie M. Keita. Nr: Y40 SCULPTEUR: Agnonbiofe Adeshina, collecté par Lore & Boris Kegel Konietzko.

Please reload